Le Cabinet FTHM, du haut de ses 32 ans, vient de déposer ses valises à Abidjan, capitale du business 2.0 en Afrique de l’ouest. Le cabinet malgache ouvre un bureau à Abidjan et veut devenir un acteur panafricain du conseil. Après 32 ans d’existence et 1 400 missions à travers le continent, FTHM Consulting met la Côte d’Ivoire au centre de son business-plan. L’expertise malgache en débarquant à Abidjan, veut élargir son réseau ouest-africain depuis la capitale ivoirienne.

Le paysage du conseil en management en Afrique francophone vient de s’enrichir d’un nouvel acteur. Le cabinet malgache FTHM Consulting a officiellement inauguré son bureau abidjanais lors d’une conférence de presse organisée dans la capitale économique ivoirienne.Fondée il y a 32 ans, cette structure indépendante, née à Madagascar, étend désormais son empreinte sur l’Afrique de l’Ouest. Une implantation qui traduit la volonté de ses dirigeants de s’ancrer durablement sur un continent où l’offre de conseil en management reste encore largement dominée par des cabinets internationaux.

De l’Océan Indien à la lagune Ebrié : La trajectoire d’un cabinet généraliste

FTHM Consulting a vu le jour en 1994 et depuis lors le cabinet a réalisé plus de 1 400 missions dans une trentaine de pays, principalement en Afrique, mais aussi en Europe et en Amérique. Son fondateur et associé, Thierry Rajaona, n’a pas caché sa fierté lors de la présentation. Ancien d’Accenture, formé aux méthodes des grands cabinets anglo-saxons, il a choisi de rentrer à Madagascar en 1996 pour y développer une offre de conseil « généraliste », à 360 degrés. « Mon constat était simple : en Afrique francophone, quand une entreprise ou un gouvernement avait besoin d’une mission de conseil en stratégie, en organisation ou en systèmes d’information, il fallait faire venir des cabinets parisiens, londoniens ou new-yorkais. Les bureaux africains, eux, étaient cantonnés à l’audit. Cela n’avait pas de sens », a expliqué Thierry Rajaona, Son pari : créer un cabinet qui propose la même palette de compétences que les grands noms internationaux, mais avec une empreinte et des équipes locales. Aujourd’hui, FTHM est certifié ISO 9001, une reconnaissance obtenue dès 2007 et renouvelée sans discontinuer depuis. Cette certification, selon le fondateur, impose une discipline de travail, une formalisation des processus et une exigence de qualité qui profitent directement aux clients, où qu’ils se trouvent sur le continent.

Pourquoi Abidjan? Le choix d’un hub ouest- africain

La question était sur toutes les lèvres : pourquoi avoir attendu trente-deux ans pour s’implanter physiquement en Côte d’Ivoire ? Thierry Rajaona, a répondu sans détour. « Nous intervenions déjà ici, sans bureau. Nous avons accompagné le Groupe LASSIRE dans sa certification, la Nouvelle Pharmacie de la santé publique pour des projections financières sur trente ans, ou encore des filiales de groupes internationaux. Mais nous sentions qu’il fallait passer à l’étape supérieure. » Et si le choix s’est porté sur Abidjan, c’est d’abord pour des raisons économiques. « Quand on regarde l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire s’impose comme un hub naturel. Le pays est dynamique, le secteur privé y est développé, les entrepreneurs sont ouverts », a-t-il souligné. L’État ivoirien n’est pas à l’origine de cette implantation, a-t-il tenu à préciser. Il s’agit d’une décision privée, motivée par le potentiel du marché et l’accueil des acteurs économiques locaux. FTHM Consulting ouvre également un bureau à Libreville, porté par un associé gabonais. L’objectif est désormais de tisser une toile cohérente sur l’ensemble du continent, depuis ses bases historiques de l’océan Indien (Madagascar, Maurice, Comores) jusqu’à l’Ouest et au Centre.

Une équipe et une méthode : Le vivier de talens au coeur du modèle

Pour diriger ce nouveau bureau, le cabinet a choisi Jessica Nouraly. Arrivée de Madagascar il y a sept mois, elle a pour mission de structurer l’équipe locale et de développer le portefeuille clients. Pour l’heure, les ressources sont mutualisées avec les autres bureaux du groupe, notamment Madagascar et Maurice. Mais l’ambition est de reproduire à Abidjan le modèle qui a fait le succès du cabinet dans ses autres implantations. «Nous recrutons avant tout des jeunes diplômés, des têtes bien faites issues des meilleures écoles locales, a détaillé Thierry Rajaona. Nous leur apprenons le métier sur le tas, par l’encadrement et la formation continue. C’est cette agilité qui fait notre force.Un consultant FTHM peut passer d’une mission de stratégie à une mission RH, puis à une mission système d’information. Cette polyvalence, c’est notre ADN.» Le fondateur cite en exemple d’anciens collaborateurs devenus directeurs généraux de grandes entreprises ou partis voler de leurs propres ailes. Preuve, selon lui, que le modèle forme des cadres agiles et recherchés.

Un réseau panafricain en construction : Le projet RACE

Au-delà de sa propre croissance, FTHM porte une ambition plus large. Thierry Rajaona a annoncé le lancement, courant 2026, du Réseau africain des cabinets d’excellence (RACE). L’idée est de fédérer des cabinets de conseil indépendants et de qualité à travers le continent. « Nous voulons montrer qu’il existe une expertise africaine solide, qu’elle mérite d’être valorisée et qu’elle peut répondre aux besoins des gouvernements et des entreprises », a-t-il plaidé. Ce réseau pourrait permettre à des cabinets concurrents de coopérer sur certains appels d’offres, de mutualiser des ressources ou des expertises. « Aujourd’hui encore, trop d’appels d’offres en Afrique sont remportés par des cabinets étrangers parce que les donneurs d’ordres ne savent pas que des compétences locales existent. Il faut changer cela », a insisté le fondateur. Dans cette même logique, FTHM a fait le choix de rejoindre MGI, un réseau mondial de cabinets indépendants, plutôt que de s’affilier à l’un des « Big Four ». « Nous restons indépendants, libres de nos méthodes et de nos stratégies. C’est un choix assumé », a conclu Thierry Rajaona.

IA, numérique et défis du conseil : L’avenir selon FTHM

Interrogé sur les évolutions du métier, notamment l’irruption de l’intelligence artificielle, le fondateur s’est montré pragmatique. « L’IA est à la fois une menace et une opportunité. Une menace parce qu’elle peut automatiser certaines tâches de conseil. Une opportunité parce que les entreprises auront besoin d’être accompagnées pour l’adopter. C’est une nouvelle mission pour nous. » Même discours sur le numérique. Le cabinet a déjà accompagné plusieurs banques centrales africaines dans la digitalisation de leurs systèmes de compensation. Il entend développer cette expertise, en s’adaptant aux besoins spécifiques de chaque client. Alors que la conférence de presse s’achevait autour d’un petit-déjeuner, Jessica Nouraly et Thierry Rajaona ont insisté sur un point : FTHM Consulting n’est pas un cabinet comme les autres. « Nous ne vendons pas des solutions toutes faites, a conclu le fondateur. Nous écoutons, nous diagnostiquons, nous accompagnons. Chaque mission est unique. » Une philosophie que le bureau d’Abidjan entend désormais incarner sur les bords de la lagune Ebrié.

Publié le : 11 février 2026 par DJOMANDE Aziz